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On retrouve Xavier qui aimait beaucoup Alain Bashung et lui rend hommage dans une chronique spéciale et trés touchante.
12H51 : Xavier rend hommage à Bashung !

Alain Bashung est donc décédé hier à Paris à l'âge de 61 ans des suites d'un cancer des poumons. Trop jeune pourra-t-on toujours dire. Oui mais l'artiste laisse derrière lui un paquet de succès, souvent connu de tout un public et même de plusieurs générations. S'il ne faut en citer que quelques-uns: « Gaby », « Osez Joséphine », « Ma petite entreprise » ou encore le sombre et poétique « La nuit je mens », tiré de son album « Fantaisie militaire » qui se vit couronné « Album des 20 ans des Victoires de la Musique ».
Les Victoires justement, Bashung en a décroché onze au cours de sa carrière. Un record. Et ses trois derniers trophées sont tous frais, ils les a reçu il y a quinze jours sur la scène du Zénith de Paris devant un public admiratif. La boucle est en quelques sorte bouclée, l'artiste termine par un triomphe et son talent est reconnu « jusqu'au bout ». Fragile et épuisé, il a tenu à chanter pour la dernière fois à la télé sa chanson « Résidents de la République », tout comme il a tenu à assurer tous ses concerts. Un homme courageux en somme, mais on ne doit pas retenir uniquement cette représentation où Bashung l'acrobate apparaissait les ailes brisés et le souffle court.
Un acrobate aux beaux vers, un rockeur-poète, un magicien des mots, on ne sait définir l'artiste qu'il était parce qu'il était un artiste à part, dans son monde. Ses textes, qui se vanterait de pouvoir tous les interpréter ? Non, Bashung donnaient du rêves et construisait un univers, un monde ou la musique nourrissaient les mots et ou sa voix, telle les vibratos d'une guitare, résonnait encore et encore sur les mélodies tantôt douces, tantôt rudes. Il a toujours su s'entourer des meilleurs, de Gainsbourg à Gaëtan Roussel de Louise Attaque en passant par Miossec et Joseph d'Anvers, on se presse pour travailler avec Mister B.
On peut ne pas aimer Alain Bashung, c'est vrai. Mais il avait une aura, une simplicité qu'on ne sait plus cultiver. A l''heure où l'artiste se fait people et multiplie les plateaux télés où il balance des insanités et des fadaises, Bashung lui faisait le culte du secret et se faisait discret, ses apparitions étant toujours calculée et empreinte d'un vrai message où son parlé était à la fois juste et cohérent avec ses textes. Bashung a traversé les ages, d'autres sont restés sur le trottoir, d'autres sont passés avec lui mais ont succombé aux sirènes du show-biz et se paient à coup de contrats télévisuels et autres produits dérivés futiles. Alain Bashung est resté digne et humble de bout en bout, le bel homme a connu la gloire de bout en bout. Un génie.
Le clip de sa chanson "La nuit je mens"
Son tout dernier clip, "Sur un trapèze", extrait de l'album "Bleu pétrole"
Merci Xavier, à trés vite !